Quelle est la problématique de l’emploi senior dans le Val d’Oise ?
Il n’y a pas une problématique de l’emploi senior spécifique au Val d’Oise. C’est une problématique nationale. Le plan d’action départementale que nous avons mis en œuvre découle directement du plan national d’action concerté en faveur de l’emploi senior de 2006.
Les objectifs du plan départemental sont ceux du plan national (le maintien en emploi et l’accès à l’emploi des seniors) et de la stratégie de Lisbonne (atteindre un taux d’activité pour les 55-64 ans de 50%).
Le taux d’emploi des seniors valdoisien est-il inférieur ou supérieur à la moyenne régionale et nationale ?
Le taux d’emploi avoisine les 46%. Au niveau national, il est de 38,3% mais de 49,95% au niveau régional.
Pouvez-vous dresser une typologie des demandeurs d’emploi seniors valdoisiens ?
En juillet 2008, les plus de 50 ans représentaient 18% des demandeurs d’emploi du Val d’Oise. Cette population est marquée par le chômage de longue durée : 46,2% sont au chômage depuis un an et 32, 6% depuis deux ans et plus. La plupart se retrouvent au chômage suite à un licenciement. 10,4 % sont ouvriers qualifiés, 23,8% ont le niveau technicien, agent de maîtrise, cadre.
Depuis quand la DDTEFP du Val d’Oise s’est-elle saisie de la problématique de l’emploi des seniors ?
La DDTEFP s’est saisie réellement de cette problématique lors du lancement du plan national d’action concerté en faveur de l’emploi senior en 2006 même si avant elle avait déjà initiée quelques actions éparses. Notre préalable était de créer une dynamique sans pour autant cloisonner et stigmatiser cette population.
Nous ne voulions pas une clef d’entrée « senior », nous avons donc souhaité mobiliser et identifier les acteurs compétents dans ce domaine afin de créer un réseau d’acteurs publics et privés. Le réseau a participé plusieurs comités de pilotages pour partager, co-construire une expertise avec les compétences de chacun.
Quels sont les acteurs publics et privés que vous avez mobilisés ?
Nous avons voulu avoir des regards institutionnels et des regards d’experts. Acteurs publics et privés ont donc intégré le réseau. Parmi les acteurs publics, la préfecture, le Conseil régional d’Ile-de-France, l’ANPE, l’Assedic, l’Apec, les chambres consulaires, l’Aract Ile-de-France, Opcalia, l’Université de Cergy-Pontoise, l’Essec… nous ont rejoints. Pour les acteurs privés, MCC Mobilités, Quintecia et quelques entreprises ont fait de même.
Ont-ils été difficiles à convaincre ?
Non, pas du tout. Le travail collaboratif, le fait d’avoir un projet collectif a permis de créer du lien. Mais au-delà des réunions, c’est l’organisation de la journée départementale du 27 novembre 2007 qui a créé une émulation et une réelle dynamique. Cette journée a permis aux acteurs socio-économiques de témoigner de leur problématique. Par la participation d’experts accompagnant ces entreprises, nous avons démontré qu’il existait une boîte d’outils riche en dispositifs.
Quel est l’ambition de ce plan ?
L’orientation du plan a été présentée lors de la journée du 27 novembre 2007. Le plan se veut multifacette. Il s’adresse aussi bien aux acteurs socio-économiques qu’au grand public, pour l’essentiel des demandeurs d’emploi. Ils bénéficient chacun d’actions spécifiques et chaque action a son dispositif phare.
Par exemple, pour l’action Professionnalisation des acteurs, un cycle de sept conférences a eu lieu. Le but était, dans un premier temps, d’échanger, de s’informer grâce à des experts reconnus. La demande était forte puisque quatre cents personnes ont participé à ces conférences. Puis, dans un second temps, trois ateliers territoriaux ont été mis en place afin que les acteurs contribuent à la co-construction du plan 2009.
Nous nous étions engagés également à prévoir un temps de restitution pour effectuer un bilan intermédiaire. Ce sera fait lors de la journée du 9 décembre.
Quels étaient les objectifs et ont-ils été atteints ?
Pour l’année 2008, nous n’avions pas d’objectif chiffré. Nous avions par contre, pour chaque action, des objectifs d’ordre qualitatif. Ainsi, pour l’action mise en place avec Opcalia sur la problématique de la transmission des savoir-faire, nous souhaitions rendre les entreprises acteurs, qu’elles co-construisent un outil méthodologique accessible et adaptable à toutes les entreprises du département et de la région. L’outil, un guide méthodologique, sera présenté lors de la journée du 9 décembre.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Les difficultés ont concerné la mise en place des actions. Chaque action a demandé un gros travail en amont. Il a fallu rédiger le projet et un cahier des charges puis sélectionner les actions. Cela nous a pris beaucoup de temps et nous n’avons pu démarrer les actions qu’à partir du mois de mai. Au niveau de la mise en œuvre, tout c’est bien déroulé.
Les entreprises ont-elles été difficiles à convaincre ?
Non et nous avons été agréablement surpris. Les entreprises nous ont facilement ouverts leurs portes et se sont montrées disponibles. Leur mobilisation a été importante. Il y a eu une vraie dynamique départementale, une vraie volonté des entreprises.
Qu’attendez-vous de la journée du 9 décembre ?
Montrer que nous respectons nos engagements, que nous sommes toujours présents.
Réaliser un plan pour l’année 2009 plus ambitieux avec des objectifs chiffrés et qualitatifs, un plan structuré et structurant qui ait un impact sur l’accès et/ou le maintien en emploi des seniors.
Nous pouvons apporter aux entreprises une expertise et des moyens. Nous avons la capacité de leur donner une réponse en vue de la nouvelle législation (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) qui prévoit « à partir du 1erjanvier 2010, les entreprises d'au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe comptant au moins 50 salariés, non couvertes par un accord en faveur de l'emploi des salariés âgés ou, à défaut, par un plan d'action en la matière, seront soumises à une pénalité. Cette dernière, versée à la Cnav, correspondra à 1 % des rémunérations ou des gains versés au cours des périodes au titre desquelles l'entreprise n'est pas couverte. »
Quelles seront vos actions pour l’année 2009 ?
Une grande partie des actions va découler des ateliers territoriaux. Nous allons consacrer une partie importante à l’accompagnement des DRH pour qu’ils soient en conformité avec la nouvelle législation, notamment avec la mesure qui rend obligatoire un accord ou un plan relatifs à l’emploi des seniors. Nous allons également les accompagner dans le cadre de l’action transmission des savoir-faire, veiller à ce que les outils mis en œuvre soient appliqués et continuer notre travail de sensibilisation.
Propos recueillis par Vanessa Labuxière
>> www.mcc-mobilites.com/rencontres95